Comment optimiser ses campagnes de prospection
Par admin • 16 avr, 2008 • Catégorie: Les outils du e-commerce •E-commerce N°12 - 01/04/2008 - Gaëlle RENOUVEL
LES POINTS-CLES
1 Utiliser une base ad hoc
La base doit être précisément définie. En général, l’envoi massif de mails n’engendre pas un ROI intéressant, tandis qu’une segmentation bien étudiée garantit de bons taux d’ouverture et de clics. Toutefois, il faut veiller à ne pas fatiguer la base: un internaute trop souvent sollicité, non seulement supprimera le mail sans l’ouvrir, mais demandera aussi à se désabonner. Et finira par avoir une mauvaise image de la marque. La base doit également être nettoyée régulièrement, ne seraitce que pour éliminer les adresses qui ne sont pas actives. Bien sûr, seules les opt-in sont exploitables. «C’est la LCEN, la loi pour la confiance dans l’économie numérique, qui a imposé le principe d’une autorisation préalable et explicite de l’internaute, explique Julien Parrou, p-dg du groupe Concoursmania. En pratique, le recueil d’une adresse opt-in se caractérise par une case à cocher (et non à décocher, car il s’agit dans ce cas d’un optout) qui répond à une phrase affirmative et qui ne doit pas être liée à un autre bénéfice.»
2 Soigner la définition de l’objet
Si l’expéditeur n’est pas clairement et immédiatement identifiable par l’internaute, celui-ci risque fort de supprimer le courrier électronique. Indiquer le nom de la société ou de la marque est donc rassurant. L’objet est primordial, puisque c’est lui qui donne envie -ou pas du tout d’ouvrir le mail. Si la campagne porte sur une offre commerciale, celle-ci doit être clairement annoncée. Pour une efficacité maximum, mieux vaut rédiger un message simple. L’effet «teasing» ne fonctionne que pour certaines marques. La personnalisation, avec, par exemple, le nom de l’internaute, peut constituer un bon moyen d’augmenter son taux d’ouverture. «L’objet et le message d’un e-mailing de prospection seront très différents selon les marques. Certaines à l’émotionnel fort, comme les marques de luxe ou d’automobile haut de gamme, n’ont pas besoin de proposer d’offres commerciales», souligne Sacha Carton, responsable Europe d’Ad Pepper, société de marketing direct interactif.
L’un des grands avantages de l’e-mailing est, par ailleurs, la possibilité de tester, à coût raisonnable, plusieurs objets, en les envoyant à des panels représentatifs de la base, afin de voir lequel fonctionne le mieux.
3 Réaliser une création efficace
La création graphique est essentielle, puisque c’est elle qui transforme le taux d’ouverture en taux de réactivité1
4 Travailler La délivrabilité
La délivrabilité est l’un des enjeux majeurs de l’e-mailing. En 2006, une étude réalisée par Return-Path évaluait à 21% le nombre d’e-mails issus de bases de données optin directement délivrés en boîte spam, des spams qui représentent désormais 96% des e-mails envoyés en France (bilan Secuserve, juillet 2007). Les spécialistes de l’e-mailing sont en contact étroit avec les fournisseurs d’accès à Internet, afin de réussir à garantir des taux de délivrabilité d’au moins 95%. «Il faut traiter rapidement les plaintes des internautes en leur adressant un mail d’excuse et en les désinscrivant», précise Philippe Simonetti, directeur marketing de Cabestan. Qui poursuit: «L’hygiène de la base est également primordiale. Par exemple, si les NPAI sont fréquents, l’annonceur risque d’être blacklisté. La vitesse d’envoi est un autre élément important à prendre en compte. Envoyer ses mails trop rapidement peut, en effet, vous assimiler à un spammeur.»
5 Suivre les résultats
Il faut, bien évidemment, regarder les taux d’ouverture, de clics et de réactivité de sa campagne d’e-mailing. Mais les études comportementales permettent d’aller plus loin, et de répondre plus précisément à certaines questions, notamment: combien de temps l’internaute est-il resté sur le mail? Dans le cas d’un jeu, à quelle étape a-t-il abandonné? Un tracking qui permet d’affiner la campagne et de rétablir rapidement des taux d’ouverture corrects.
«Le jeu reste la meilleure mécanique de collecte, affirme Jérôme Stioui, p-dg de Directinet. 85% des internautes ont participé à un jeu en ligne en 2007. Toutes les catégories de la population sont donc concernées.» Et la palette est très large. Mediastay propose aussi bien du grattage et des tirages au sort très basiques sur son site Kingoloto - qui attirerait chaque jour 130000 visiteurs uniques - que des réalisations plus élaborées pour des sociétés comme Easyvoyage. L’un des jeux commandés par le comparateur, très scénarisé et au graphisme soigné, donnait la possibilité de «gagner un voyage de rêve avec ses amis». Une garantie de viralité et de recrutement qualifié: l’internaute, en créant son voyage idéal, livre de nombreux renseignements, aussi bien sur lui (âge, situation professionnelle et familiale…) que sur le type de vacances qui l’intéresse. Ces réalisations ambitieuses, qui n’hésitent pas à avoir recours au son et à la vidéo, sont de plus en plus fréquentes. Car si le jeu plaît toujours autant, l’exigence des internautes augmente. «Ces derniers sont plus matures: ils savent qu’il s’agit avant tout d’un procédé pour récolter des données, affirme Alexis Rollin, fondateur de l’agence RND. En contrepartie des renseignements fournis, il est légitime qu’ils gagnent trois minutes de véritable divertissement dans leur journée.» Et si le jeu leur plaît, ils vont le transférer à leur entourage. La viralité est en effet l’un des avantages majeurs du jeu mais, pour fonctionner, il doit être de qualité. «Nous sommes dans le marketing de l’ego, continue Alexis Rollin. Un internaute va parrainer des amis si le jeu donne une image valorisante de lui-même.»
Les marques sont dans la même problématique. «Elles désirent de plus en plus que le jeu exprime leur univers, affirme
Carole Walter, présidente de Corne & Stay. Un internaute aura davantage envie de participer s’il se sent en adéquation avec cet environnement. Les chances qu’il constitue un bon prospect seront donc plus importantes.»
Ce levier d’acquisition possède en effet un avantage très concret: la véracité des renseignements fournis. «L’internaute va donner l’e-mail qu’il utilise régulièrement, afin de savoir s’il a gagné, explique Sacha Carton, responsable
Europe d’Ad Pepper. Pour recevoir son lot, il va également indiquer sa véritable adresse postale.» Autre avantage: permettre une bonne qualification de la base. «Entre chaque étape du jeu, nous posons des questions supplémentaires, explique Julien Parrou, p-dg du groupe Concours-Mania. La majorité y répond, alors que si elles avaient toutes été posées dès le départ, l’internaute aurait abandonné.» Autre plus: certains d’entre eux demandent à aller sur le site de la marque pour répondre à des questions, ce qui génère du trafic. Le jeu peut donc rapporter gros.
admin est Renaud Devaliere, consultant spécialiste dans le e-commerce.
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