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Lycos n’ira plus cherche

Par admin • 16 fév, 2009 • Catégorie: Actualités e-commerce, La vie des auteurs

 Lycos Europe a fermé ses portes dimanche. Retour sur une saga qui a accompagné l’histoire du Web français.

par Stéphanie Goutte

Le chien Lycos - DR

Dimanche, Lycos Europe a fermé ses portes. En France, la société était surtout connue pour l’hébergement gratuit Multimania et le tchat-mail Caramail. Si les comptes utilisateurs ont été récupérés par d’obscurs prestataires, il s’agit sans doute du dernier chapitre d’une saga qui a accompagné l’histoire du Web français.

Aux débuts de la Toile francophone, en 1996, il y avait Mygale.org. Un projet mené par un étudiant en maîtrise à Paris-VIII, Frédéric Cirera. C’est le tout premier hébergeur gratuit pour particuliers. Il propose 5 Mo de stockage et une adresse mail. Après huit mois d’exploitation, Mygale, c’est 6 000 pages persos et un véritable réseau communautaire. Tout ce joyeux petit monde utilise la bande passante de Renater, le réseau informatique universitaire. En 1997, malgré les protestations des mygaliens, les responsables de Renater ferment le robinet, le service ne correspondant pas à la charte. Havas Online prend le relais et offre d’héberger gracieusement le projet de Cirera. En 1998, Mygale.org compte 40 000 pages persos, soit près de la moitié du Web francophone.

A la même époque, Michel Meyer et Olivier Heckmann, les deux créateurs d’un des principaux webzines existant, The (Virtual) Baguette (on a retrouvé un extrait ici), tentent de se professionnaliser. Ils fondent Multimania Productions. En octobre 1998, le rapprochement avec Mygale semble naturel. « Baguette avait du contenu mais cherchait à construire une communauté. Mygale était une grande communauté, on s’est rapproché et Multimania est né » , se souvient Frédéric Cirera.

Le site Multimania voit le jour, mais, en contrepartie, Les mygaliens passent d’un modèle gratuit et libre à un autre régi par la pub. On impose alors aux webmasters de mettre des bandeaux publicitaires sur leur site. Une nouveauté. Certains se sentent pris en otage, et rappellent la philosophie de Mygale.org : un Internet ouvert à tous et non-marchand. Malgré tout, le succès est au rendez-vous. En 1999, Multimania.com devient le numéro 3 des audiences francophones et, en mars 2000, en pleine bulle Internet, Multimania entre en bourse.

La période est propice aux mouvements hasardeux. Un mois plus tôt, Spray, un portail suédois en plein accès de boulimie, a racheté Caramail pour 150 millions de francs. Le jackpot, pour le trio fondateur : Orianne Garcia, Alexandre Roos et Christophe Schaming. Caramail a vu le jour en octobre 1997. C’est à l’origine un simple service de mail gratuit. Mais ce sont les forums et les salles de tchat qui font son succès.

Fin 2000, ça sent la fin de la bulle Internet, ce qui n’empêche pas quelques dernières manœuvres. Lycos, à l’époque avant tout un moteur de recherche, rachète Spray pour 674 millions de francs. Puis, début 2001, absorbe Multimania, qui en est à 500 000 membres.

L’année 2003 marquera l’apogée de Caramail, avec 28 millions de comptes, il est le numéro 1 du webmail français. Mais c’est aussi le début de la fin. Techniquement, il n’arrive pas à suivre et stratégiquement, Lycos peine à se positionner et est rapidement rattrapé par Yahoo !, Hotmail, MSN et Skyblog. Les internautes sentent bien que Lycos France est instable, tout comme son équipe dirigeante. Après le passage éclair de Michel Meyer à la direction, c’est au tour du trio Garcia, Roos et Schaming de prendre les rênes jusqu’à fin 2003. Orianne Garcia reste, seule, et finit par partir en décembre 2004.

Moribonds. En 2007, Lycos essaie de prendre le train du Web 2.0 en marche en créant une nouvelle marque, Jubii. Sans grand succès. En mars 2008, une opération de com’ prémonitoire joue sur la mort de Lycos Europe pour donner naissance à Lycos Europe Network. Un changement de nom qui ne sauvera pas grand-chose. Début janvier 2009, la fermeture des comptes Multimania et Caramail est annoncée. S’ils ont été finalement récupérés in extremis, on voit mal les internautes persévérer sur ces symboles moribonds.

Olivier Heckmann, co-fondateur de Multimania jette sur la fin de cette ère un regard un peu déçu : « Lycos disposait d’un vaste panorama, allant du dating à l’hebergement perso, mais n’a pas su en tirer parti, ni être innovant. Lycos n’a pas su apporter de vrais services ajoutés à la communauté. » Frédéric Cirera, par qui l’histoire a commencé, est aujourd’hui amer : « Les sites qui fonctionnent et qui durent sont ceux qui écoutent leurs utilisateurs, pas les sites qui ne regardent que les chiffres. Google, Facebook et Twitter ont pris le parti de rendre un service, pour gagner de l’argent après. Quand le but de départ est de gagner de l’argent, les gens ne sont pas dupes. »

Note du bloggeur : Article qui m’a rappeler beaucoup de chose et que je copie/colle ici, vous pouvez le retrouver sur ecran

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admin est Renaud Devaliere, consultant spécialiste dans le e-commerce.
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Une Réponse »

  1. Je moccupais pour ma part de l’hébergement d’un site chez lycos/multimania. Les utilsateurs furent informé de la fermeture il y a 3mois, puis un mois plus tard, on annonce qu’un investisseur reprend l’activité alors q tout le monde etait invité à migrer chez un autre hébergeur (strato) et quelque jours plus tard, nouveau rebondissement, l’activité d’hébergement est annoncé par lycos fermée via mail. C’est ce qu’on appelle une communication de crise foireure

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